Capsule Technique

Octobre 2004

Parés pour le mauvais temps                       

 Joseph A. Soltész – Furlane - ve2soj

Le 19 juillet 2004, vers 14h00, naufrage à Rose Blanche de la Longhta, le voilier de 9m

de Sylvain Douville.

 

Grâce à son équipement de survie, l’équipière a pu nager jusqu’à la rive à Le Cou. L’homme a péri noyé dans les eaux glacées.

 

(Bulletin de nouvelles local (Terre-Neuve))

Définitions :

-     GROS TEMPS : lorsque le bateau cesse d'être entièrement

                           manoeuvrable

-      MAUVAIS TEMPS : lorsque la météo réduit la vigilance de l'équipage

 

Le mauvais temps - et, surtout, la brume et le brouillard - sont très inconfortables et attaquent l'équipage et sa vigilance à l'usure. Aussi rapidement que sournoisement.

 Exemples :

-         pluies diluviennes ou brouillard subit à l'atterrissage

-         perception de signaux de brume sonores sans localisation visuelle des cargos

-         perception des cloches ou des cornes sans localisation visuelle des bouées

-         localisation des dangers immédiats sur le radar sans visibilité

-         dérive due au vent ou au courant sans possibilité d'appréciation visuelle

-         observation de la côte, de bouées ou de feux de navigation par

      intermittence

Et encore, parfois, la Lune ou le soleil au zénith nargue l'équipage !

Préparatifs avant la croisière

-         déterminer les secteurs météo

-         dresser la liste des chantiers et ateliers de réparation

-         dresser la liste des installations de mise hors de l'eau

-         dresser le calendrier des pêches

 

Se retrouver au milieu de centaines de bouées de casiers à homard est un exploit par beau temps ; imaginez le cas sans visibilité ! On risque alors vite d’avoir besoin de réparer.

Préparatifs avant le départ

-         réinterpréter les instructions nautiques, etc.

-         installer le radar visible de l'extérieur

-         installer l'écran de navigation visible de l'extérieur

-         imprimer des cartes locales 8,5 x 11 sous pochette étanche

-         installer le GPS extérieur dans un sac transparent étanche

 

Toute l'attention de l'équipage doit être retenue par la vigie extérieure. Vaut

 mieux voir l'écran radar et de navigation partiellement que pas du tout.

Précautions officielles

-         parler systématiquement français sur la VHF. Partout.

 

Même dans les Maritimes, le personnel est officiellement bilingue. Si on ne

leur parle jamais en français, quand se présentera un cas d'urgence, ils seront incapables de faire le travail correctement pour un plaisancier ne maîtrisant pas l'anglais.

 Précautions dès l'approche du mauvais temps

-         se prémunir contre le mal de mer (risque augmentant avec l'humidité et le froid)

-         rabattre tout ce qui réduit la visibilité (dodger, bimini, etc.)

-         doubler les vigies à l'extérieur

-         sortir et utiliser la corne de brume

-         démarrer le système de chauffage du bateau

-         préparer boissons et aliments chauds dans des thermos et glacières (sic !)

-         effectuer les rotations avant l'épuisement

-         repérer un sauna (un endroit où on peut faire monter la température

      pour se réchauffer rapidement)

 

Comme la visibilité est extrêmement réduite, il est essentiel que rien ne la

limite encore. Vaut mieux être transi que naufragé.

Précautions à l'atterrissage

-         arriver très lentement (souvent, les cargos maintiennent presque leur pleine vitesse)

-         profiter de la moindre éclaircie

-         mémoriser sur le radar la route de tout autre navire

-         discuter et douter de tout...

-         mais avancer franchement et lentement dès qu’on s’est décidé

-         en cas d'incertitude totale, appeler un pêcheur sur VHF

 

En cas de panique, insister. Les pêcheurs sont tellement habitués qu'ils ont de la difficulté à saisir qu'on puisse ne pas l'être, et se trouver complètement perdu!

 

 

 

 

Habitué à une météo linéaire sur le fleuve où les secteurs sont déterminés par des ports d'importance sur le fleuve, le plaisancier québécois doit s’accoutumer à des prévisions météorologiques par secteurs

Carte disponible sur le site d'Environnement Canada : prévisions maritimes

 

 

Condensé de la conclusion de la conférence multimédia portant le même

titre disponible à : furlane@cooptel.qc.ca

Textes et photo : © Joseph A. Soltész – Ottawa - 2004

 

 

 

   

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